Les plafonds de verre des professions libérales - (Chronique 3) – l’Orgueil
Par D le samedi 17 octobre 2009, 10:35 - Professions juridiques - Lien permanent
L’orgueil :
L’orgueil, comme « estime exagérée de soi et dépréciation d’autrui » (Saint Thomas d’Aquin), serait à la source de tous les maux. Ainsi, il peut conduire : à « s’égo-centrer », à devenir aveugle aux qualités des autres et aux opportunités qu’elles offrent ; à ne pas reconnaître ses défauts, ses erreurs, et ainsi à persister dans des comportements dangereux ; à essayer de projeter une image, qui ne correspond pas à la réalité, à se tromper soi même et induire en erreur les autres.
En matière économique, l’orgueilleux ne voit pas le monde changer, les pratiques évoluer, la mutation des besoins des clients. Et si, comme dans la marine, il faut saluer tout ce qui bouge et repeindre ce qui ne bouge pas, l’orgueil, qui réifie les comportements, risque de faire repeindre votre entreprise d’une couche d’oubli.
De plus cet ego-centrisme rend sourd au rythme des affaires. Or on sait, avec Miyamoto Musashi (le traité des cinq roues), la nécessité de bien saisir les rythmes. En termes de développement d’entreprise, on pourrait traduire cela par l’importance qu’il y a de distinguer les balancements du marché (apparition, disparition de concurrents), de percevoir le tempo des cycles économiques (crise et croissance) et de sentir de nouvelles harmonies (nouveaux produits, tendances, modes). Et comme dans les autres combats, si l’on subit le rythme, parce qu’on ne l’entend pas, on a déjà perdu.
Enfin, l’orgueil, c’est aussi ne pas reconnaître d’autres normes que sa seule volonté. C’est un travers que la finance a bien identifié en prévenant qu’ « on ne peut avoir raison contre le marché ».
Ainsi, l’orgueil, parce qu’il est un enfermement, constitue un frein puissant au développement économique qui suppose par définition, une ouverture, une humilité, un échange avec le client, l’autre… Pour s’en prémunir, on peut s’appuyer, par exemple, sur quelques aphorismes :
- « Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu’elles ne deviennent évidentes » (Theodore LEVITT)
- « Gutenberg n’a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l’imprimerie ». (Nicole NOTAT)
- « Il n’y qu’un seul patron : le client. Et il peut licencier tout le personnel, depuis le directeur jusqu’à l’employé, tout simplement en allant dépenser son argent ailleurs ». (Sam WALTON)
- « Trop souvent, nous mesurons tout et ne comprenons rien. Les trois choses les plus importantes que vous devez mesurer dans un business sont la satisfaction du client, la satisfaction des employés et le cash-flow. Si vous accroissez la satisfaction du client, vous pouvez être sûr que votre part de marché globale croîtra aussi ». (Jack WELCH)
- « Votre client le moins satisfait est votre meilleure source d’information » (Bill GATES)
- « L’avantage compétitif ultime réside dans la capacité d’une organisation à apprendre et à transformer rapidement ce qu’elle a appris en action ». (Jack WELCH)
- « Partout, aujourd’hui, ceux qui résistent aux changements apprennent très vite – à leurs dépends – qu’ils sont dans l’erreur ». (Regis McKENNA)