Nous quittons une société de « juste prix » pour une société de « juste coût »
Par D le jeudi 1 octobre 2009, 11:17 - Patrimoine - Lien permanent
Il est des bons actifs patrimoniaux, comme des bons chasseurs. C'est l'actif dont le rendement financier, après commissions, rétro-commissions, frais, charges, IR, ISF, inclusion dans le bouclier fiscal, droits de successions, cotisations sociales... inflation, est le plus avantageux.
Bien sûr, il existe des trucs pour maquiller une mauvaises rentabilité financière. Par exemple : alléger la fiscalité jusqu'à la faire disparaître par le coup de bâton magique des défiscalisations plus ou moins hasardeuses.
Mais, les temps sont de plus en plus durs pour les panacées patrimoniales. La lutte contre les paradis fiscaux transforme ces gommes fiscales périlleuses en placebo dangereux.. Les projets de « rabotage » des niches fiscales (Dom Tom, location en meublé …), la volonté d'accroitre la pression fiscale sur les contrats d'assurance, les retraites chapeau.... conduiront à déclasser ces panacées fiscales pour « absence de service patrimonial rendu ».
Pour garantir, sur la durée, de « bons actifs patrimoniaux », les trucs vont être de plus en plus inopérants. Hélas il va falloir revenir aux bases: une forte rentabilité financière, des frais et commissions justifiés par de véritables savoir faire. Avec la crise, la fête est finie et le monde du patrimoine est peut être réellement entrain de changer.
Un proverbe boursier dit que « par grand vent même les dindes peuvent voler » et nous entrons dans une période de petit temps. La technique et le savoir faire ne sont plus de simples slogans.
Les conseils en gestion de patrimoine suivent les pas des experts comptables, ils finiront par avoir un « Ordre », devenir une « profession réglementée » dont l'accès sera soumis à la reconnaissance de manière uniforme et normée de leur qualité. Les métier d'ingénierie patrimonial, qu'ils soient exercés par telle ou telle profession, demanderont une finesse d'analyse, une connaissance globale, une adaptation permanente qui s'accordera de plus en plus mal à la « règle de l'accessoire ». Le conseil patrimonial va devoir mériter son coût.
Car, nous quittons le monde du « juste prix » pour entrer dans celui du « juste coût ». La mode n'est plus de sacrifier la qualité des produits, les conséquences de la production, de la consommation à un prix. Nous finirons bien par apprendre cette maxime « There ain't no such thing as a free lunch"1 ». Que ce soit pour les biens, les « malus » écologiques, « taxe carbone » et futures TVA « sociales » vont nous le rappeler, ou pour les services, l'importance c'est de payer le juste coût pour obtenir, dans la durée, le meilleur rendement. Et c'est une très bonne nouvelle car personne n'est assez riche pour payer de la mauvaise qualité.
1« le repas gratuit n'existe pas », on paye toujours une service d'une manière ou d'une autre. Robert Heinlein, 1966 « The Moon is a Harsh Mistress »; Milton Friedman ...